PREFACE APRES COUP
Je tentais d’observer la dissolution des jours, ces petites lumières noires grignotées doucement par le blanc du néant…Et puis, je constatais ici et là, de petites choses sans importances, la rugosité des détails qui s’accrochaient au fil.
Eh bien, dans les ténèbres il ne fait pas si froid.
Bon, J’ai faim même quand je meurs.
Les feuilles mortes ne m’évoquent plus rien.
C’était un métro je crois, pas un train, ou plutôt l’un de ces traverse-misère de banlieue vous savez ? De ceux qui comptent autant d’arrêts que de fois ou on a dit « je t’aime » sans le penser, et qui vous tendent l’addition avec le billet retour à l'arrivée.
Les écrivains, la plupart, sur la chose disent n’importe quoi, emporté qu’ils sont par la lecture des autres sans s’écouter eux-mêmes. A mettre de la pourriture dans chaque objet que touchent du regard leurs personnages. Il n’en est rien. On y voit pas comme ça. En vérité tout se montre beau puisque plus fort de vie, quand rien ne vous semble plus terminé et perdu que vous même.
On pleure au frisson de la première goutte de pluie. On se laisse emporter dans la contemplation d’une pomme. On tremble dès que le bout du doigt touche la note sur le piano.
Je n’aurais pas pu vous dire qu’il faisait gris quand le temps n’existait pas. Le mur sale ne projetait plus rien de terrifiant, c’était déjà beaucoup s’il restait lui même un mur.
Je m’en souviens ni plus riche ni plus pauvre, ni plus prudent et sans plus de liberté…Je m’en souviens c’est tout…sans même pouvoir rendre aux événements un début, une fin, une quelconque chronologie.

Auvers-sur-Oise [juin 2009] La chambre de Vincent Van Gogh.
Bande son : Right where It Belong [Nin Inch Nails]
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